PAMAC

Le PAMAC, une référence de programme communautaire de lutte contre le VIH/Sida : 01/04/2003 - 31/12/2006

La lutte contre le VIH/Sida, une priorité nationale

Face à l’ampleur de l’épidémie de VIH/Sida qui faisait rage au Burkina Faso, (7,2% de taux de séroprévalence en 1997), le gouvernement burkinabé a réagi en considérant ce fléau comme une priorité nationale. Un plan multisectoriel de la lutte contre le sida et les IST - impliquant une nouvelle approche des différents acteurs a conduit à mettre en place un Cadre stratégique de lutte contre le VIH/Sida (CSLS) pour la période 2001-2005. Cet engagement communautaire allant du plus haut niveau de l’Etat aux structures communautaires a permis l’obtention de résultats très significatifs dans la lutte contre le VIH/Sida : 2,3% de séroprévalence au Burkina Faso en 2005 (source : ONUSIDA). Un nouveau CSLS pour 2006-2010 a été mis en place en novembre 2005.

L’engagement des acteurs communautaires

De nombreuses associations de lutte contre le VIH se sont créées au Burkina depuis la fin des années 90. L’engagement et le dynamisme des acteurs communautaires ont très largement contribué à la mise en œuvre de l’approche multisectorielle développée par le Programme. C es associations ont investi les principaux domaines de la lutte à travers la sensibilisation, le conseil dépistage volontaire et la prise en charge des malades. Palliant souvent les carences de l’Etat et développant des initiatives novatrices et intéressantes, le monde communautaire et associatif a cependant eu rapidement besoin d’appui aussi bien technique que financier pour mener à bien leurs activités (sur les plans palliatif et éthique). C’est pour cette raison que le Programme d’Appui au Monde Communautaire et Associatif (PAMAC) sous l’égide du PNUD a vu le jour en mars 2003. Il est la traduction concrète d’une des plus importantes recommandations de la 2 ème session du Conseil National Lutte contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles (CNLS-IST) - présidé par le chef de l’Etat - ainsi que les structures associatives et communautaires. Son objectif est de contribuer à la lutte contre le VIH/SIDA, à la réduction de son impact sur le développement à travers une professionnalisation et une coordination du monde communautaire renforçant ainsi les capacités de prévention et de prise en charge.

Un plan d’action de lutte contre le sida pour des objectifs clairs

En harmonie avec les objectifs fixés par le CSLS, le PAMAC se dote chaque année d’un plan d’action de lutte contre le VIH/Sida permettant à ses partenaires de participer à un programme conjoint pour appuyer le monde communautaire et à une approche multisectorielle de lutte contre la maladie. Conçu comme un programme multi donateur, le PAMAC est le produit de la reconnaissance par les Partenaires Techniques et Financiers de l’importance du rôle joué par le monde associatif aux côtés des acteurs de la santé. Les années 2003 et 2004 ont été marquées par un appui aux structures associatives de lutte contre le SIDA sur la base de trois sous-programmes : le programme de conseil/dépistage volontaire, le programme de prise en charge communautaire et le programme d’appui institutionnel.

Le PAMAC a su utiliser son dynamisme et la confiance qu’on lui accorde, pour renforcer en 2005 ses acquis et ses capacités de travail par l’intermédiaire de ses bailleurs de fonds. Ce renforcement des capacités a permis d’élaborer un plan d’action 2005 plus complet dans la lutte contre le VIH/sida puisque le PAMAC a intégré un quatrième sous-programme dans le domaine de la prévention. Enfin, aux vues de l’évaluation positive de ses capacités de gestion de programme dans le cadre de la mise en œuvre de la composante VIH/Sida du Fonds Mondial, le PAMAC a été retenu comme second sous bénéficiaire pour l’appui au monde associatif et aux OBC dans le cadre de la requête du Burkina Faso au Fonds Mondial dans ses composantes sida et tuberculose.

Les résultats : Un panier commun multi donateur

Le PAMAC s’est créé sur la base d’ un panier commun multi donateur afin de mettre en commun des moyens financiers, humains et techniques et ainsi assurer une programmation conjointe des activités à mener par les associations de lutte contre le VIH/SIDA, permettant une coordination et donc une efficacité plus grande des actions. Seul programme entièrement associé aux réunions de travail hebdomadaires du SP/CNLS, le PAMAC est placé sous la gestion financière du PNUD et sous la tutelle administrative d’un comité de pilotage national. Il est considéré comme une entité de gestion et de coordination technique et financière des activités du programme.

A partir d’une dotation initiale de 1,5 millions de dollars venant du PNUD pour une période de trois ans, le PAMAC a réussi à mobiliser 12 millions de dollars pour la période 2004-2008 provenant de bailleurs différents : la BAD et le Fonds Mondial pour les multilatéraux ; et les Pays-bas, le Danemark, l’Autriche, la France, la Belgique et la Suisse pour les bilatéraux.

Un réseau d’associations pour mieux couvrir le territoire

Le PAMAC a peu à peu étendu sa toile sur le Burkina. S’appuyant sur un réseau d’associations de mieux en mieux formées, structurées et adaptées aux réalités du terrain, le Programme a accru sa participation avec les acteurs communautaires. Travaillant en 2005, avec 85 structures communautaires et 5 réseaux nationaux d’association, le PAMAC dispose d’une meilleure couverture des Provinces du Burkina. L’ancrage du Programme comme structure pivot du monde associatif dans la lutte contre le VIH/Sida va se confirmer en 2006 avec une collaboration intensifiée puisque quelque 300 associations vont se joindre au plan d’action du PAMAC.

Une stratégie d’intervention fournissant des résultats à la population

Le Programme a obtenu des résultats significatifs dans tous les domaines où il est intervenu grâce à la mobilisation de ses ressources financières qui n’ont cessé de s’accroître depuis deux ans. Le programme conseil et dépistage volontaire et anonyme est l’un des fers de lance du PAMAC avec 95% des dépistages volontaires réalisés par les structures communautaires travaillant au sein du projet, soit 150 000 dépistages, un des plus importants d’Afrique. L’extension et la décentralisation des CDV font partie des priorités du Programme.

Tandis que les activités de prévention ont fourni d’excellents résultats au cours de sa première année de mise à exécution grâce notamment au développement des causeries débats et du cinéma mobile, la prise en charge communautaire continue à se structurer au sein de grands axes d’intervention qui sont les OEV, la prise en charge globale et le volet institutionnel (formation, fournitures d’équipements, etc.). L’appui institutionnel – apparu après la création du PAMAC – devient un rouage important du Programme de par sa transversalité avec les différents axes d’intervention. Les acteurs communautaires sont ainsi mieux formés et mieux équipés pour répondre au défi du VIH/Sida. La baisse de la séroprévalence au Burkina Faso (2,3% en 2005 selon l’ONUSIDA) depuis plusieurs années n’est pas étrangère au travail fourni par les associations de lutte contre le Sida.

Suivi évaluation, concertation et dialogue permanents

Le succès de la mise en place d’un tel programme est basé sur une concertation et un dialogue permanents avec ses différents partenaires. Le PAMAC participe à de nombreuses réunions permettant de mieux coordonner les activités définies par le comité de pilotage présidé par le SP/CNLS. Les comités de sélection, les ateliers de discussion, les visites sur le terrain ou encore les formations sont autant de moyens pour assurer un bon suivi évaluation des programmes. La pertinence, la cohérence et l’efficacité des projets sont la clé de voûte de ce suivi évaluation basé sur la proximité des associations et une synergie avec leurs besoins en matière de lutte contre le VIH/Sida.

Le renforcement des actions du PAMAC passe par une amélioration du traitement des données récoltées depuis deux ans au sein des associations qui devrait être plus efficace au cours des prochains mois. L’élaboration et la validation de normes nationales en matière de pratique du conseil/dépistage volontaire du VIH/Sida va par exemple dans le sens d’une meilleure efficacité et contrôle des projets.

Une reconnaissance des bonnes pratiques du PAMAC

Les bonnes pratiques mises en place par le PAMAC ont eu un écho international. Ainsi, deux sorties ont eu lieu respectivement à Accra au Ghana (du 4 au 9 juillet 2005) et à Dakar au Sénégal (du 9 au 15 octobre 2005) pour présenter le PAMAC comme best practice en matière de lutte contre le Sida au Burkina. Pris comme un exemple à suivre, le PAMAC poursuit pourtant sa mutation qui doit lui permettre de devenir une structure incontournable dans la lutte contre le sida grâce à l’implication des acteurs communautaires et de la société civile. Son rôle vis-à-vis de ses partenaires financiers est en cours de renforcement avec la perspective d’un panier commun permettant à terme la mise en place de vastes programmes inter agence sous l’égide du PAMAC.