Rapport du projet Objectifs du Millénaire
Le Rapport du Projet du Millénaire intitulé : « Investir dans le développement pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement » a été officiellement lancé au Burkina le 1er février 2005 sous le haut patronage de son excellence M. le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération régionale en collaboration avec le Ministre de l’Economie et du Développement. La cérémonie de lancement a connu la présence de nombreuses personnalités du Gouvernement, de la société civile et des bailleurs de fonds. Transmis le 17 janvier dernier au Secrétaire Général de l’ONU à New York il a été rendu public simultanément dans 80 pays.
Ce rapport de 3000 pages propose une série de mesures concrètes et 10 recommandations clés pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement.
De ce fait, 10 équipes composées de plusieurs experts du monde entier dont des parlementaires, des chercheurs et scientifiques, des décideurs, et des représentant de la société civile, des organismes des Nations Unies, de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International et du secteur privé ont été formées pour évaluer les principales contraintes à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement et présenter des recommandations.
L’équipe du Projet sur la faim, partant du constat que plus de 850 millions de personnes, dont 300 millions d’enfants, se couchent le ventre vide chaque soir, propose une quarantaine de solutions concrètes pour réduire considérablement la faim dans le monde. L’équipe a donc recensé 313 zones à travers le monde ayant besoin d’une intervention prioritaire et estime qu’au cours des 10 prochaines années, plus de 150 millions d’enfants peuvent être sauvés de la malnutrition.
Pour l’équipe du Projet sur l’eau et l’assainissement, pour réduire la pauvreté dans les pays en développement, il faut assurer l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement. Selon cette équipe, quatre personnes sur dix n’ont pas accès à une simple latrine à fosse et près d’un milliard d’individus n’ont pas l’eau potable provoquant ainsi la mort de 3900 enfants par jour due aux effets d’une crise humanitaire silencieuse et pourtant évitable.
D’après l’équipe du Projet sur les taudis, quelques 900 millions de personnes vivent actuellement dans des taudis à travers le monde. Pour cela, le rapport demande aux citadins, aux administrations locales et aux autorités nationales d’améliorer les taudis et d’en empêcher la formation de nouveaux autres.
Quant à l’équipe du Projet sur le commerce, convaincue que le commerce peut être une arme fatale dans la lutte contre la pauvreté, elle préconise un rééquilibrage du système commercial mondial : davantage « d’aide pour le commerce » de façon que des marchés ouverts servent les pays pauvres.
L’intégration de la science, la technologie et l’innovation dans les stratégies économiques constitue également un puissant moyen de lutte contre la pauvreté pour l’équipe du Projet sur la science, la technologie et l’innovation.
Dans le domaine de l’éducation, on déplore que des enfants des pays en développement se heurtent à d’énormes obstacles pour aller à l’école et recevoir un enseignement de qualité. Pour cela, l’équipe du Projet sur l’éducation expose les stratégies à adopter pour améliorer l’accès à une éducation de qualité dans les pays en développement. En se fondant sur une série d’études, elle a estimé que le soutien financier actuel, 1,2 milliard de dollars par an, destiné à garantir à tous les enfants un enseignement primaire de qualité, est loin d’être suffisant, alors que les besoins annuels entre 2005 et 2015 se situent dans une fourchette allant de 7 à 17 milliards de dollars.
D’après l’équipe du Projet sur l’égalité des sexes, dans le monde, et en particulier dans les pays pauvres, les femmes et les filles subissent de plein fouet les effets de la pauvreté. C’est pourquoi cette équipe élabore une stratégie en sept points pour améliorer la condition féminine dans les pays les plus pauvres. Pour elle, l’émancipation des femmes constitue une condition du développement économique.
En ce qui concerne l’équipe du Projet sur la santé maternelle et infantile, elle invite les pays donateurs à privilégier la lutte contre la mortalité maternelle et infantile dans le monde en développement car quelques 10,8 millions d’enfants de moins de 5 ans et environ 530.000 femmes d’âge fertile meurent chaque année. Cette équipe recommande alors qu’on mette l’accent sur l’accès aux soins plutôt que sur les moyens technologiques pour sauver des vies dans les pays en développement les plus pauvres.
Enfin, selon l’équipe du Projet sur le VIH/sida, l’an dernier le sida a fait 3 millions de morts, soit plus de 8000 par jour et 39 millions de personnes contaminées, dont 25 millions en Afrique Subsaharienne, 15 millions d’orphelins et la maladie menace de se propager de façon explosive en Russie et dans d’autres parties de l’ex-Union Soviétique, en Chine et en Asie du Sud-Est. Pour enrayer cette propagation, l’équipe estime qu’il faut investir massivement dans des solutions approuvées. Elle affirme qu’on dispose déjà de mesures efficaces de prévention et de traitement pour lutter contre la pandémie mais trouve que les sommes actuellement consacrées à la lutte sont insuffisantes.