UNE PREMIERE EN AFRIQUE : LES PARLEMENTAIRES BURKINABE S’OUTILLENT POUR LA LUTTE CONTRE LA CORRUPTION

Ouagadougou, Janvier 2012 : La corruption constitue un problème majeur de développement. L’amenuisement du respect des droits de l’homme et de l’autorité constitutionnelle qui en résulte, fait obstacle aux programmes visant à atténuer  la pauvreté et à accroître la sécurité humaine.

C’est pour permettre aux députés burkinabè de mieux mesurer leur propre performance en matière de lutte contre la corruption, en utilisant un outil d’autoévaluation conçu à cet effet, que le PNUD a appuyé le  Réseau BURKINDI  dans l’organisation d’un atelier sur ce thème  les 12 et 13 janvier 2012, avec  la facilitation du Centre Régional de Dakar. Le Réseau BURKINDI est le réseau parlementaire de lutte contre la corruption au sein de  l’Assemblée Nationale du Burkina Faso.

 La tenue de cet atelier est une première en Afrique  voire au plan mondial  et    va certainement impulser d’autres initiatives semblables sur le continent. Sur les 111 députés que compte l’Assemblée Nationale du Burkina Faso, plus de 65  ont participé aux travaux.

Selon le Coordonateur du réseau BURKINDI, le député Dieudonné Maurice Bonanet, les objectifs étaient de doter les parlementaires d’outils et de savoirs nécessaires pour lutter contre la corruption. « Cela leur permettra de contribuer à la revue officielle de l’application de la Convention des Nations Unies Contre la Corruption (CNUCC) ». L’Honorable Bonanet a souligné que cet atelier a constitué une grande opportunité de partenariat entre le parlement et les organes étatiques de contrôle, la société civile, les médias et les chercheurs. De plus, la rencontre était une occasion de renforcer les capacités des parlementaires en vue de l’élaboration d’une stratégie de renforcement du Réseau BURKINDI.

L’outil d’autoévaluation comprend une série de questions (accompagnées de critères de vérification pour faciliter leur réponse) servant à identifier les lacunes dans l’efficacité d’un parlement pour la mise en œuvre de la Convention. En identifiant les principales lacunes, des plans de réforme et de renforcement des capacités parlementaires peuvent être mis en place pour des améliorations ciblées dans la législation, le contrôle de l’exécutif, le contrôle budgétaire et l’observation des normes de bonne conduite dans la vie publique.

Des acteurs nationaux ayant déjà collecté des données pertinentes en la matière ont partagé avec les parlementaires les résultats d’enquêtes menées auprès des citoyens. Il s’agit du Réseau National de Lutte Anti-Corruption (RENLAC) et du Centre pour la Gouvernance Démocratique (CGD).

Outre les parlementaires, des représentants de diverses structures ont participé à l’exercice: (i) Cour des Comptes ; (ii) Commission nationale de lutte contre la corruption; (ii) Ministère des Affaires Étrangères ; (iii) Ministère des Finances ; (iv) Organisations de la Société Civile (OSC) impliquées dans la lutte contre la corruption ; (v) Experts indépendants (instituts de recherche, universités) ayant une expertise en matière de  lutte contre la corruption et/ou de développement parlementaire ; (vi) Media couvrant les faits parlementaires et/ou ayant l’expérience  des requêtes d’information auprès de l’Assemblée Nationale.

Les travaux de l’atelier ont été coordonnés par des experts du Centre Régional de Dakar (PNUD) et d’institutions de recherche basées au Sénégal et au Bénin. Les débats issus des séances de travail ont été riches en propositions de la part des participants, démontrant un signal fort de la volonté politique du parlement de lutter contre la corruption.

Cette volonté politique s’est traduite par l’élaboration d’une première esquisse de « baromètre parlementaire anti-corruption », constitué d’une vingtaine d’indicateurs jugés prioritaires par les participants, sur la base des résultats de l’auto-évaluation. Ce baromètre sera bientôt divulgué publiquement et servira d’outil de suivi des efforts de l’Assemblée en matière de prévention de la corruption au Burkina Faso.