LE BESOIN D’ASSISTANCE URGENTE RESTE GRAND POUR BEAUCOUP DE SINISTRES

 

 

 

 

L'eau est chère mais nécessaire pour la confection des briquesLe relogement définitif des sinistrés après les inondations à Ouagadougou est en cours. De nombreuses familles se sont installées sur la trame d’accueil de Yagma. Cependant, ce nouveau quartier manque toujours de service de base, ce qui rend la vie difficile aux nouveaux habitants.

A la périphérie de Ouagadougou, près du péage sur la route de Ouahigouya, se trouve Yagma, un village où les sinistrés-propriétaires,  reconstruiront leur maison.

Mise en place par le PNUD et l’UNICEF pour assister le Secrétariat Permanent du Conseil National de Secours d’Urgence et de Réhabilitation (CONASUR)  et pour répondre à l’urgence et à la réhabilitation suite à l’inondation, la  cellule d’appui à la coordination est sur place pour collecter l’information sur la situation des sinistrés par rapport à l’accès à l’eau et à l’assainissement, à l’éducation, à la sécurité alimentaire, à la santé, à la nutrition, à l’abris et à la protection.

Il manque  des infrastructures de base ; des latrines, des douches, de l’eau, une école et un service de santé. « En ce sens la situation est actuellement plus difficile ici que sur les sites d’accueil où ils logeaient avant. » affirme Théophile Savin, Chargé de la gestion de l’information.  « Notre travail est de diffuser l’information sur l’état des lieux afin que les acteurs concernés puissent prendre des dispositions. »

Environ 600 sinistrés, propriétaires de terrains dans des zones inondables, ont reçu une nouvelle parcelle à Yagma et des matériaux de construction (1,5 tonne de ciment, 20 tôles, et 50,000 Francs cfa).  Quelques uns seulement  ont pu commencer la construction.

D’autres dorment sous des abris provisoires où ils gardent leurs sacs de ciment en attendant d’avoir les moyens pour commencer la construction. Mariam Traoré, veuve avec cinq enfants, vit dans une petite tente sur sa parcelle. Elle ramasse des cailloux pour faire  ses briques. Elle n’a pas d’argent pour transporter l’eau pour faire ses briques et ne peut pas non plus payer quelqu’un pour construire sa maison. Les 50,000 Fcfa qu’elle a reçus comme soutien ont été dépensés  pour la nourriture.

Un voisin dont les moyens étaient plus importants a commencé la construction de sa maison,  mais  lui  aussi  témoigne des difficultés sur la trame d’accueil. Il n’y a pas de route allant à son quartier et l’absence d’un service de santé est une inquiétude.

« En cas de maladies pendant la nuit, nous ne savons pas comment faire pour nous déplacer. » dit il.

La distance qui sépare Yagma de  la ville de Ouagadougou est une autre paire de manches. Peu ont des moyens de transport et  ils  ont besoin de soutien pour démarrer leurs activités génératrices de revenus.  La majorité  des gens manque d’argent et certains, comme Mariam Traoré, ont  déjà dépensé dans la nourriture la contribution de l’état pour la construction.

« La priorité actuellement est de résoudre les problèmes d’accès à l’eau sur le site et d’abri provisoire. Plusieurs ONG présentent à Yagma sont en train de mettre en place des programmes de construction d’abri provisoire et de construire également des forages qui vont permettre d’améliorer la situation,  mais le gouvernement doit mettre tout en œuvre pour accélérer le processus d’assainissement et d’accès à l’eau sur le site. » affirme Théophile Savin.